Les candidats à l’OMS débattent à Sciences Po

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Ce vendredi 10 février, nous avons accueilli, avec nos collègues de l’Ecole d’affaires publiques de Sciences Po, les trois candidat.e.s encore en lice pour la direction de l’Organisation Mondiale de la Santé… C’était une première en France !

Au cours d’échanges vifs et passionnants, comme on dit, chaque candidat a eu l’occasion de présenter son programme et de dialoguer avec des étudiants aussi curieux que précis. Bien préparés, ils ont présenté les programmes et parcours respectifs, avant d’interroger les candidats. Ces derniers ont aussi eu la possibilité de débattre entre eux, lors d’un échange assez rare, animé par le journaliste Paul Benkimoun du journal Le Monde.

Nous participions, avec mes collègues Louis Charles Viossat et Henri Bergeron, en tant que conseillers scientifiques de la filière Global Health de l’Ecole d’Affaires Publiques de Sciences Po, à l’animation de ces échanges. La directrice exécutive de l’école, Sana de Courcelles a joué un rôle essentiel dans l’organisation de ce prestigieux évènement.

En recevant les candidats à la direction de l’OMS, la France apparaît comme un pays important en matière de santé. Quoiqu’on en dise parfois en France, l’excellence souvent vantée de son système de santé, de ses institutions de recherche médicale, aussi bien que l’activisme d’associations de renommée planétaire, font de Paris une capitale mondiale de la Santé. La France est un exemple remarqué en matière de couverture universelle. Elle est porteuse d’exigences fortes dans la réponse aux grandes crises sanitaires, comme Ebola, ou dans la promotion du droit des femmes, notamment en matière de santé sexuelle, des adolescentes en particulier. Il y a encore beaucoup à faire, en matière de santé publique ou de problématiques de santé liées à l’alimentation et à l’environnement par exemple !

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Complémentaire santé universelle ou « grande Sécu » ?

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Après la proposition formulée dans Le Monde début janvier 2017 (voir article), j’ai publié avec Florence Jusot, le 25 janvier, une tribune dans L’Humanité intitulée « Remboursement et accès aux soins. Une complémentaire santé universelle est-elle souhaitable? ». Voir article.

« Face au projet de François Fillon de réduire les remboursements de la Sécurité Sociale, qui couvre aujourd’hui 77% des dépenses de santé, aux seules «  affections graves et de longue durée », deux solutions ont été proposées par des experts pour garantir une couverture maladie satisfaisante à tous les Français.

La première solution, proposée par divers experts dès 2012, consiste à mettre en place une grande Sécu. Elle prendrait en charge 100% d’un panier de soins. Cette solution a l’avantage de renforcer la solidarité. (…) Simple en apparence, cette option pose la difficile question du panier de soins couvert. (…) Il conviendra de choisir parmi un large éventail de soins ceux qui seront pris en charge par le système public. Dans un contexte de limitation des dépenses publiques, il est fort à craindre que le panier de soins ne couvrira pas l’ensemble des soins. Cela pourrait conduire à une couverture jugée trop faible par la plupart des Français.

Une seconde option, élaborée par les auteurs de cette tribune, consiste à introduire une Assurance Complémentaire Universelle, qui serait obligatoire et dont les garanties et les tarifs seraient homogènes et régulés. Cette assurance pourrait être gérée non seulement par les organismes privés du secteur mais également par l’Assurance Maladie, comme c’est aujourd’hui le cas pour la Couverture Maladie Universelle complémentaire. Ce dispositif aurait l’avantage de permettre aux pouvoirs publics de réguler les dépenses obligatoires aussi bien que complémentaires, sans pour autant augmenter les prélèvements obligatoires. Cela autoriserait le régulateur à choisir un panier de soins plus couvrant que celui de la Grande Sécu. »

Pour « une complémentaire santé universelle »

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J’ai publié avec Florence Jusot (Université Paris-Dauphine) et Erwann Paul (directeur d’hôpital) une tribune dans Le Monde (4 janvier 2017) intitulée « Pour une complémentaire santé universelle ». Voir article

Plutôt que la privatisation de l’Assurance-maladie un moment projetée par François Fillon, la solution passe par une régulation du maquis des régimes complémentaires.

« La première option vise à basculer les complémentaires dans une grande sécu. La seconde à garantir à chacun une complémentaire santé universelle.
Les garanties et les tarifs [d’une complémentaire santé universelle] seraient homogènes. Les soins remboursés seraient clairement définis. Rejoignant le dispositif, les complémentaires seraient libérées d’une concurrence aux effets inégalitaires. Le financement [] serait proportionnel aux revenus, pour assurer un haut niveau de redistribution.
Une complémentaire santé universelle moderniserait l’assurance maladie tout en respectant sa tradition solidaire »